A Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.

« In Waves » (Sortie le 1er juillet 2026) est une remarquable adaptation de la bande dessinée, « In Waves » (Casterman – 2026). Phuong Maï Nguyen, la réalisatrice, relit avec force le récit de l’Américain AJ Dungo sur le grand écran. « In Waves » mélange ainsi amour, deuil et identités. L’animation a (toujours) un bel avenir.

Entretien avec Phuong Maï Nguyen, réalisatrice animée.
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Il y a 10 ans, vous réalisiez le court métrage « Chez moi ». Comment est né le projet ?
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J’avais écrit l’histoire à la fin de mes études à La Poudrière mais, finalement, je ne l’ai pas retenue. Ce n’est que plus tard que j’ai eu l’idée d’en réaliser un court métrage.
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Il y avait déjà un lien avec la nature.

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Peut-être parce que je suis très citadine, j’ai en effet une attirance pour la nature.

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© Silex films

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« In Waves » est une adaptation. C’était déjà le cas avec « Culottées ». Comment apporte-t-on une part de soi dans un tel travail ? AJ Dungo est lui-même dessinateur.
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Au début du projet, j’ai voulu m’inspirer du dessin de AJ Dungo. Cela n’a pas fonctionné. Par conséquent, j’ai repris mon style tout en intégrant le dessin de AJ Dungo au sein du film.

Toute adaptation est un exercice délicat. Vous devez proposer autre chose sans trahir l’œuvre originale.

La bande dessinée a été une révélation pour moi. Elle traitait de sujets qui m’étaient chers. Le dessin animé a été une continuité. J’ai beaucoup aimé les rencontres et les réactions variées du public.
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© Casterman
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Y’a-t-il dans « In Waves » des silences et des gestes qui doivent rester des mystères ou en tout cas des ressentis ?
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Par le format BD, la pensée du personnage est très importante dans la bande dessinée. Pour mon film, je voulais surtout jouer sur les sensations sensorielles – le format du cinéma donne plus de place au mystère. Chaque spectateur peut interpréter différemment les choses.
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Comment avez-vous abordé la musique ?

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Dès le début du projet, en 2021, les compositeurs Oklou et Rob ont travaillé sur la musique. Nous devions présenter les premiers images. Un teaser d’une minute a été projeté au salon Cartoon Movie. La voix d’Oklou est très envoutante. Elle a quelque chose de très aquatique – comme une sirène. La voix fait également écho au personnage de Kristen. J’aimais le mélange de contemporain et de mythologie.

La musique s’est enrichie avec des cordes et des pianos. Elle est très orchestrale. Rob et Oklou ont travaillé ensemble de façon remarquable.
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Avez-vous une approche scientifique pour réaliser les scènes de surf ?

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Il y a en effet un cycle mathématique dans le mouvement des vagues. Cela permettait une compatibilité avec la 3D. On intégrait ensuite quelques détails, comme des « accidents », afin de rendre les mouvements plus naturels. 

J’aime retranscrire par le dessin les caractéristiques et les détails des personnages.
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© Silex films
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Dans le film, on entend parler Tagalog, langue de la minorité philippine. Avez-vous l’envie de montrer celles et ceux qui sont trop souvent ignorés ?
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C’est en rencontrant AJ que j’ai pu découvrir la communauté philippine aux Etats-Unis. Cet aspect n’est pas abordé dans la bande dessinée. J’ai voulu développer ce mélange asiatique et occidental. Ayant des origines vietnamiennes, j’ai retrouvé des similitudes avec ma vie.

Le surf, lui-même, vient d’ailleurs. Il a pour origine Hawaï. Il est important de rappeler d’où les choses viennent.  
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« In Waves » puise-t-il son identité graphique dans les œuvres de David Hockney ?
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Il a été la référence initiale. Le style d’Hockney n’a jamais quitté le projet. C’est un peintre qui a vécu aux Etats-Unis et qui a adoré peindre la côte Ouest. Chez Hockney, il y a également un aspect de solitude et de mélancolie. Je voulais que « In Waves » puise dans cet esprit. Le film raconte l’histoire d’un groupe de jeunes amis, plein d’énergie et d’ambitions mais qui font face au deuil.

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© Silex films
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Aimeriez-vous présenté « In Waves » au Vietnam ?
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Ce serait une joie. C’est dans un cinéma français à Ho Chi Minh Ville que j’ai découvert le dessin animé « Le Roi et l’Oiseau » de Paul Grimault. Il y a eu une connexion entre le 7ème art, la France et le Vietnam. J’aimerais beaucoup montrer « In Waves » là-bas. La boucle serait bouclée.
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Quelle est la prochaine vague que vous souhaitez surfer ?

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Je travaille déjà sur un nouveau projet d’animation. Ce sera une histoire originale.
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© Brieuc Cudennec

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Image de couverture : © Silex films

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