Autrice, poète performeuse et créatrice du compte Instagram « Un livre – Une histoire« , Marion Fritsch se nourrit sans cesse des mots et des émotions. Dès 2020, elle a la volonté de réunir les esprits autour de pensées universelles. Marion Fritsch publie des citations, des portraits et des récits qui font aujourd’hui écho, à plus de 400 000 lecteurs.

Elle est également écrivaine. La phrase ne fait que commencer…

Entretien avec Marion Fritsch, passionnée des mots et des rythmes.

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Pourquoi avons-nous besoin de nous raconter ?

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Je lis essentiellement une littérature française et contemporaine. Il y a beaucoup d’autofictions. Les écrivains traitent de l’ordinaire et le public se retrouve dans ce genre littéraire.

Je raconte ce que j’ai vu, connu et ressenti.

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L’écriture est-elle avant tout pour nous-mêmes ?

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J’écris justement pour aller au-delà du soi et aussi pour toucher le plus grand nombre possible. Je trouve très important de concerner un lectorat qui n’a pas de voix ou qui peut se reconnaître dans votre écrit.

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« Un livre, une histoire » est-il selon vous arrivé au bon moment ? Répondait-il à un besoin (pour vous et les lecteurs) ?
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© Albin Michel

Le concept est né de façon naturelle. Au fur et à mesure, j’ai compris que le public était demandeur de ce type de format. Il y a une soif de lecture sur les réseaux sociaux.

Que ce soit avec « Un livre, une histoire » et mes ateliers d’écriture, je constate qu’il y a un besoin thérapeutique de lecture. Dans notre société, nous laissons peu de place à nos émotions. L’écriture marque un temps d’arrêt.
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« Les Fragments du cœur » (2024) est un recueil de poésies emporté par les changements de saison (Comme « Même l’hiver a des airs de caresse »). Doit-on donner plus de place à nos sensibilités (le chagrin compris) ?
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Quand je monte sur scène, je sens beaucoup d’émotions de la part du public. J’ai pu entendre des sanglots. Les larmes sont souvent perçues comme négatives. Je ne le crois pas. Toute émotion fait beaucoup de bien.
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« L’Ecole de la vie » est votre premier roman. Ecrire c’est aussi se souvenir ?
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J’ai volontairement voulu ne pas faire de recherches. Je me suis juste souvenu de mon adolescence. La mémoire est revenue très facilement. J’ai même revu d’anciens camarades de classe. J’ai pris également plaisir à inventer des détails.

Le souvenir n’est pas une vérité totale. « L’Ecole de la vie » est plus un roman qu’une autobiographie. J’ai intégré la Terminale STMG dans un lycée de banlieue. Le surnom était la classe poubelle. Malgré tout, j’ai gardé de bons souvenirs de cette période. « L’Ecole de la vie » se nourrit de cette ambivalence.
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© Albin Michel

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Organisées par des jeunes, les soirées poésie-slam reviennent dans les cafés et les bars. Comment peut-on comprendre un tel succès populaire ?
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La poésie a très longtemps été perçue comme trop littéraire, trop scolaire, trop inaccessible et élitiste. La nouvelle génération se la réapproprie pour aborder ses propres émotions et les nouvelles problématiques. Bien que différent, le slam accompagne la poésie.

Le grand public retrouve peu à peu le genre.
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Poé_Queer est-il libérateur ?

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En faisant de la scène poétique, j’ai remarqué qu’en ce moment, au moins 30% environ des poètes font partie de la communauté queer. J’ai par conséquent voulu accompagner ce dynamisme. C’est un monde qui est en effervescence. Il y a des drag shows et du comedy club queer. La poésie devait prendre sa place.

J’aime contribuer à développer quelque chose qui est plus grand que soi. Je m’engage de plus en plus.
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L’oral est-il libérateur ?

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Incarner est une façon de stimuler le grand public à lire et à écrire.

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Vous avez notamment participé à un défilé de L’Oréal, est-ce la revanche des mots ?

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J’ai pu réaliser des performances poétiques pour des marques. Je trouve l’exercice très intéressant et stimulant. Pour l’Oréal, par ma voix et mes mots, j’accompagne un ensemble artistique.

Je suis à présent perçue comme une poète française. 

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Le quotidien est-il finalement beau ?

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Absolument. Quand on observe bien, on peut y voir de la beauté et de la poésie. Même dans le métro, j’ai réalisé que les gens étaient beaux.
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Les ateliers donnent-ils un rythme plus adouci ?
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C’est 1H30 en ligne et 2 heures en présentiel. Avec l’écriture, le temps passe très vite. Durant les ateliers, je propose la poésie mixte ou avec des anaphores. On se concentre avant tout sur l’imaginaire plutôt que sur les formes. Ce sont des exercices à la fois simples et passionnants.  
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Quel est le ver qui vous suit en ce moment ?

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Je suis allée au théâtre récemment et j’ai aimé une phrase. Ce n’est pas un ver mais j’ai trouvé cela fort : « La solidarité c’est la seule voie pour s’en sortir ».
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© Brieuc Cudennec

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Photo de couverture : © Brieuc Cudennec

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