Projet fou mais intimiste, le groupe musical RUBIO fait autant d’étincelles en studio que sur scène. C’est bien la personnalité et l’énergie de Fran Straube qui font la force de ce beau projet. Batteuse punk, cette artiste chilienne s’est révélé avec RUBIO. Electro-pop, trip-hop et héritage latino-américain y trouvent une certaine harmonie.
Présent au Truskel à Paris le 15 septembre dernier, le groupe a su séduire le public français (et hispanophone).
RUBIO, initiative libre, ne fait que commencer son aventure. Nous sommes déjà adeptes.
Entretien avec Fran Straube, artiste passionnée et passionnante.
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Votre parcours comprend une étape à Barcelone ; la musique reste-t-elle une échappatoire pour vous ?
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Absolument, oui, tout à fait. Pour moi, jouer sur scène, c’est ce qu’il y a de plus intense ; c’est ce qui me fait me sentir vivante. Pas plus tard qu’aujourd’hui, je jouais à Paris et c’était incroyable.
Même dans un lieu aussi underground que le Truskel, le public a chanté avec moi, connaissait les paroles. J’aime ces moments. Je me nourris d’une énergie cosmique quand je joue en public et que je partage ça avec le public. Rien d’autre dans ma vie d’être humain, dans ma vie de musicienne, ne vaut cette sensation.
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Jouer sur scène serait comme une drogue ?
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Oui, mais la drogue fait du mal, alors que la musique me fait du bien.
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Quand RUBIO est-il né ?
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RUBIO est né en 2015 lorsque je suis partie en effet vivre dans les montagnes près de Santiago. Je ne m’attendais pas du tout à lancer un projet solo. C’est né d’un besoin de continuer à créer de la musique.
A présent, je me consacre à 100 % à la scène ; pour moi, c’est vraiment magique. Il se passe quelque chose quand Rubio joue devant le public, quelque chose en moi : ma timidité s’envole. Je me reconnecte à mon enfant intérieur… C’est vraiment inexplicable, et pour moi, c’est ça la vie.
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La vie quotidienne vous inspire ?
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Je puise mon inspiration parmi mes animaux — ma chienne, ma chatte —, ma copine, même dans le fait d’arroser les plantes… Je suis quelqu’un de très solitaire ; toute ma sociabilité passe par là.
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Et Santiago, aussi ?
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Non, mon lien social avec le monde, c’est la musique. Je partage ma vie avec la musique ; si je n’en faisais pas, je ne serais clairement pas une personne sociable.
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Vous avez composé la musique du film « La Caída » (2023) avec Pablo Stipicic. Est-ce que ce sont les images qui vous ont inspirée ?
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Pour moi, Pablo est un véritable partenaire musical ; il comprend parfaitement ce que je veux exprimer. Je ne sais pas si je voudrais faire un album avec d’autres personnes — peut-être que oui, après tout —, mais pour moi, Pablo est comme un frère.
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Et la voix ? Est-ce un instrument de musique à part entière pour vous ?
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Je me considère comme une personne très intuitive en musique. Je ne m’y connais pas vraiment en harmonie ou en théorie musicale. Je fonctionne beaucoup à l’instinct. Je ne sais pas jouer de la guitare — je connais juste le placement des doigts sur le manche — mais pour moi, c’est un moyen d’expression. Je peux partager ce que je fais. C’est une forme de catharsis, c’est vraiment ça pour moi.
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Vous vous produisez en ce moment devant des publics européens. Cela te donne-t-il une nouvelle énergie ?
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Oui c’est vraiment différent.
On a joué à Paris pour la première fois. Le public était en feu ; je n’arrivais pas à y croire. On réalise que l’Internet a du bon : il permet à la musique de se diffuser partout. C’est magnifique, car la musique franchit les frontières ; peu importe la langue ou autre, c’est une question d’énergie qui passe. Chacun la ressent à sa manière, et c’est ça qui est beau.
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Et que préfèrez-vous : la scène, la composition ou la vie quotidienne ?
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Tout, tout, la vie entière. Je suis très reconnaissante envers la vie — je pense que nous devrions tous l’être, car si nous sommes en vie, ce n’est pas pour rien. Il faut savoir écouter ce signal intérieur, honnête, authentique, presque ludique.
Pour moi, jouer sur scène est un jeu qui me connecte profondément à l’enfant qui est en moi ; c’est ça, la vie. Si je meurs demain dans l’avion, eh bien je mourrai heureuse.
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Qu’aimeriez-vous accomplir à présent ?
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Je ne me fixe pas d’objectifs trop lointains. À chacun des anniversaires, je demande simplement à l’univers de ne jamais me faire perdre ma créativité ni mon inspiration, de garder ce message à transmettre aux gens et de rester connectée à ce qui est réel.
Il existe une réalité inexplicable, quelque chose dans la vie que personne ne peut définir — ni les scientifiques, ni Trump, ni personne d’autre, ni même les poisons du monde entier. Il y a quelque chose qui dépasse la vie elle-même et c’est là que réside l’essentiel pour moi.
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Photo de couverture : © Brieuc CUDENNEC







