Sur scène ou en vidéo, Marie Orsi impose une certaine ambiance. Le rire est grinçant mais bien efficace. Le quotidien est un enfer qu’il faut accepter et même qu’il faut moquer. Vivant à la fois à Paris et à Lyon, Marie Orsi connaît deux ambiances et n’hésite pas, au nom de l’humour, de faire des collaborations avec d’autres artistes.
Malheureuses, malheureux – rions ensemble.
Entretien avec Marie Orsi, artiste classe (tous risques).
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Rire est-il le meilleur remède contre les malheurs du quotidien ?
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Cela permet au moins de s’échapper d’une réalité pas super fun. Je fais du stand up depuis 5 ans. A l’ère des réseaux sociaux et des écrans, je trouve que les spectacles permettent de nous réunir tous ensemble dans un seul et même scène pour un certain moment. Le rire rassemble.
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Avant d’être humoriste, vous avez travaillé dans une grande entreprise d’informatique (10 ans). Vous avez pris des notes ?
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Pour l’instant, je n’en parle pas. Heureusement, j’ai connu plutôt de bonnes expériences professionnelles. Tôt ou tard, je traiterai en stand up ou en vidéo du monde de l’entreprise. Le siège de ma boîte se trouvait à la Défense, lieu totalement déconnecté du vivant. Je me disais souvent : « Comment a-t-on pu créer de telles zones de travail ? ». Même pour une demi-journée, j’avais le cœur serré. Je trouvais le lieu angoissant. Tout le monde devait être en costume. Les open spaces étaient trop aseptisés.
Pour le moment j’aime surtout faire rire avec le quotidien.
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La scène est-elle toujours un défi ?
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Oui car ce n’est jamais le même public. L’ambiance n’est pas la même selon le jour. Il y a des blagues et des accroches que je maîtrise. Je sais qu’elles feront rire. Parfois, j’aime tester de nouvelles choses. Je prends des risques de plomber l’ambiance (rires).
J’ai décidé de monter sur scène en plein confinement. Je venais de terminer une relation. J’étais seule à la montagne. Je voulais de nouvelles perspectives. J’ai appris à écrire des sketches. J’ai le souvenir d’avoir été très rigoureuse.
Le confinement terminé, je suis allée voir plein de spectacles. J’ai appris progressivement avec une nouvelle génération d’humoristes – celle de Guillermo Guiz.
J’ai également remarqué que le public des stand ups est surtout jeune et féminin. S’il y a des hommes c’est parce qu’ils suivent leur copine.
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L’humour est-il différent à Lyon et à Paris ?
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A Paris, le public est plus branché sur le féminisme qu’en Province. Il y a également moins d’humoristes à Lyon. J’aime être sur scène. C’est ma façon de me réaliser.
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La question du dérèglement climatique est-elle mieux acceptée sous l’angle du rire ?
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Je traite surtout de l’écologie intérieure. On nique la planète car nous-mêmes nous n’allons pas bien. Nous devons aller mieux pour régler les problèmes autour.
J’aime aborder des sujets complexes ou graves sous l’angle du rire. Ces moments sont des respirations mais finalement, je parle peu de politique. Je me préserve face aux différentes tensions.
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Quand est-ce que vous avez envie de réaliser de courtes vidéos ?
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J’apprécie particulièrement les collaborations avec d’autres artistes. De plus, au cours de mon ancienne vie professionnelle, j’ai appris à faire du montage.
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La relation toxique est-elle devenue trop tendance ?
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Il est difficile d’être authentique. Soit on se tait et c’est terrible. Soit on le dit de façon trop violente. Il faut trouver un bon équilibre.
Je trouve désolant de constater que notre éducation a mis de côté la sincérité.
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Quels sont les plus grands red flags ?
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Nous connaissons tous nos propres red flags et pourtant on les tolère.
Les dates sont parfois surréalistes. Nous rencontrons des personnes que nous ne connaissons pas. Nous posons des questions bateau. C’est finalement cet ensemble qui envenime les relations. Je préfère en rire.
J’ai d’ailleurs envie de réaliser une vidéo sur le sujet des dates qui s’enchaînent. Les relations hommes-femmes sont détériorées.
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Que peut-on espérer aux célibataires endurcis ?
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Il faut accepter d’être seul (rires).
Toute notre vie, on a enjolivé la vie de couple. Les Studios Disney ont une grande part de responsabilités. Il n’y a pas forcément de princes charmants qui nous attendent. Ce que nous avons appris enfant va forcément avoir un impact dans notre vie d’adulte.
En 2026, je trouve intéressant de questionner la relation à deux, il peut y avoir beaucoup de joie mais aussi de la perte d’énergie. Cela peut paraître basique mais dompter sa solitude c’est un bon moyen d’éviter les relations toxiques… et être disponible pour une relation plus équilibrée.
Il faut apprendre à être sincère et dire les choses d’une certaine façon pour préserver l’autre. N’oubliez pas de beaucoup beaucoup rire ! C’est la meilleure prévention des conflits. Il est important de se détacher des codes. L’amour peut se trouver ailleurs.
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Quels sont vos projets ?
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Je vais continuer les vidéos humoristiques. Je veux écrire davantage.
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Photo de couverture : © Brieuc Cudennec







