Enigmatique pièce de théâtre en bande dessinée, « Ornithomaniacs« , album réalisé en 2017 (Prix Artemisia l’année suivante), fait peau neuve avec l’ajout de 7 pages. Grande artiste du merveilleux mais aussi formidable conteuse, Daria Schmitt révèle dans cette nouvelle édition chez Dupuis ses dessins et croquis de ce qui aurait pu une suite aux aventures (ailées) de Niniche, jeune rêveuse.
« Ornithomaniacs » est un récit à la fois sincère et fabuleux. Le noir & blanc installe ici de la fantaisie mais aussi du sérieux. Près de 10 ans après sa réalisation, « Ornithomaniacs » mérite d’être relu ou d’être lu.
Entretien avec Daria Schmitt, artiste des métamorphoses.
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« Ornithomaniacs » est un livre plus personnel que vos réalisations suivantes ?
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Il est certain que l’héroïne Niniche fait écho à ma personnalité. Le passage de l’enfance à l’adolescence est un sujet de prédilection pour moi. J’aime mêler histoire personnelle et fantaisie.
« Ornithomaniacs » m’a permis de trouver mon style narratif et graphique. Ce fut la première fois que j’utilisais du noir & blanc. J’avais fait plusieurs tentatives avec la plume mais cela ne fonctionnait pas. Avec « Ornithomaniacs », elle m’a enfin cédé, et j’ai réussi à bien l’utiliser. C’est pour moi un album fondateur.
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Avec la réédition d’« Ornithomaniacs », vous avez ajouté 7 pages supplémentaires. Ce fut agréable de revenir vers un travail antérieur ?
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J’ai eu beaucoup de plaisir à revoir « Ornithomaniacs » (2017). J’ai de l’affection pour les personnages, et le ton doucement ironique ironique des dialogues que j’ai continué d’employer par la suite.
J’avais prévu de réaliser une suite à cet album. Je voulais suivre Niniche au fil du temps. Puis, travaillant sur « Le Bestiaire du crépuscule » (2022), cela n’a pas pu se faire. Dans la réédition, nous avons ajouté les 7 pages que j’avais commencées pour un nouveau récit, ainsi que des illustrations inédites, quelques oiseaux rares…Les pages d’« Ornithomaniacs » était au format A2, sur un papier qui malheureusement n’est plus fabriqué. J’ai épuisé mon stock, et je suis orpheline ! Mais j’aurais aimé imaginer l’évolution de Niniche. Un jour peut-être…
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Ecoutez-vous toujours les oiseaux ?
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Bien sûr. J’aime les entendre dans les rues de Paris. Je les cherche dans les arbres, je guette le retour des étourneaux. Il y a de plus en plus de perruches à Paris !
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Les animaux seront toujours présents dans votre travail ?
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Il est vrai que dans tous mes projets il y a des animaux. Le vivant m’inspire au quotidien.
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La vision artistique du peintre américain Edward Hopper envahi « Ornithomaniacs ». Etait-ce une évidence pour vous de l’intégrer ?
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La plus célèbre des œuvres d’Edward Hopper s’appelle « Nighthawks » – les faucons de nuit. Il était évident pour moi que le café de mon histoire devait faire écho à ce mélancolique, où un écran vidéo (ajout notoire !) passe en boucle les « Oiseaux » (1963) d’Alfred Hitchcock. D’une façon générale, « Ornithomaniacs » est truffé de références culturelles tout azimut liées aux oiseaux. Je notais toutes mes inspirations dans un carnet. Dans la maison où Niniche est captive, même les tableaux plongés dans l’ombre ont pour thème le vol humain, les ailes et les oiseaux.
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La nouvelle couverture apporte-t-elle un regard plus neuf à l’histoire ?
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Cela fait écho à mon travail d’aujourd’hui. Je souhaitais une illustration qui ait un aspect musical. Je voulais que le lecteur puisse presque entendre le bruissement des ailes de l’oiseau. Le noir sur le gris foncé métallisé crée une vibration.
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Que souhaitez-vous explorer à nouveau ?
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J’accumule beaucoup de frustration (rires). J’aime la plume mais j’aimerais beaucoup faire plus de peinture.
Mon nouveau livre nécessite 2 ans de travail. Donc pour l’instant, je reste sur ma lancée. Mais pour les projets futurs, j’aimerais tenter quelque chose de nouveau.
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