Les cheveux teints tendent vers le rouge, la coupe est garçonne, le regard scrute l’objectif et par conséquent nous les spectateurs. Moon Child est sur scène et la magie opère. Née au Portugal, refugiée dans la puissante Londres, l’artiste multiplie les projets artistiques. La création est chez Moon Child une révélation. Elle est partout et sans limites. Moon Child utilise son corps comme une interprétation – osons le dire : c’est une force.
Entretien avec Moon Child, artiste fantastique.
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Je vous cite « vous êtes une modèle, une poète, une muse, une prêtresse, une sorcière et même une bête ». Êtes-vous avant une conteuse ? »
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Une bête. C’est probablement l’un des « titres » les plus intéressants que je puisse porter. Me suis-je qualifiée ainsi dans l’un de mes poèmes ? Ou est-ce ainsi que vous percevez ? Ou les deux ?
Ces temps-ci, je me vois surtout au-delà des étiquettes. Toute ma vie, on a essayé de m’en coller une — même quand je ne souhaitais pas être cataloguée.
Je suis bien des choses. Je suis tout et, d’une certaine manière, rien du tout. Sorcière et femme : ce sont peut-être les titres dont je suis la plus fière.
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Vous êtes une amoureuse des livres et la littérature semble beaucoup vous influencer. Lisez-vous et écrivez-vous avant de créer des images ?
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J’ai étudié la littérature et les langues au lycée. J’aime le pouvoir des mots. Aussi loin que remontent mes souvenirs, les livres et les langues m’ont toujours fascinée. Dès l’enfance, je lisais très vite et je tenais un journal intime. Je mettais sur le papier mes peines de cœur, mes espoirs et le désarroi lié au fait de grandir.
Pour en revenir à votre question : je produis beaucoup d’images parce que je suis modèle à temps plein. Je fais généralement plusieurs séances photo par semaine. Je poste donc des images en permanence sur les réseaux sociaux. Etant devant l’objectif, je ne trouve pas le temps pour écrire. L’écriture c’est surtout pour moi un processus bien plus intérieur et privé.
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En quoi la ville Londres vous inspire ?
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D’une certaine manière, l’air sec et pollué nourrit l’âme. Londres déborde de vie. C’est un amant inoubliable. En comparaison, les autres villes me paraissent assez fades.
Londres est un lieu que je peux en même temps aimer et détester. C’est aussi la ville qui m’a vue devenir femme. Je ne saurais exprimer par des mots toute l’inspiration que Londres m’a apportée.
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Les autoportraits vous procurent-ils une satisfaction totale ?
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J’aime beaucoup créer avec quelqu’un d’autre – en particulier lorsque je suis devant l’objectif. Il existe des angles et des compositions que seul autrui peut réaliser. Un retardateur et un trépied ne suffisent pas.
Mais j’adore aussi la liberté de créer en solitaire et de pouvoir travailler uniquement selon ma propre vision ou mes envies. C’est un même aspect que je souhaite explorer davantage à l’avenir.
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Êtes-vous exigeante envers vous-même — en tant que modèle ?
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Je ne suis plus aussi dure envers moi-même que lorsque j’étais plus jeune. A présent, je fais preuve d’indulgence car la beauté vient vraiment de l’intérieur.
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Que représente la nudité pour vous ?
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La nudité est une seconde peau. La lingerie peut être bien plus provocante qu’un corps nu, par exemple.
Pour moi, le nu artistique s’apparente à une façon de faire tomber les masques. C’est comme danser avec sa véritable âme.
La rencontre avec son propre corps est inévitable. De plus, avec le temps, une transformation s’opère entre l’esprit, le corps, l’âme et la confiance en soi.
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Vivons-nous dans un monde entièrement fait de plastique et d’artifices, ou reste-t-il encore, selon vous, un peu de magie et d’espoir ?
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La magie existe indépendamment de nos croyances. Je crois en la magie parce que je vois le ciel autour de moi, la lune la nuit, les arbres et l’immensité de l’océan. Il y aura toujours des artifices, tout comme il y aura toujours de l’espoir. Avancer tout en se dévalorisant ne fera qu’affaiblir notre lien avec le monde.
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Quels sont vos projets ?
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Dans quelques jours, je pars en France. Je serai modèle pendant 5 jours. Je reviens ensuite à Paris en octobre pour une nouvelle séance.
En janvier 2027, je poserai cette fois au Sri Lanka avec l’Atelier des Muses, un projet qui me plaît beaucoup.
Sur le plan créatif, je prévois d’écrire davantage de poésie et de l’associer plus souvent à des visuels et à de la musique. Je viens de commencer avec la publication d’un projet sur ma chaîne YouTube. J’envisage de publier un jour mon propre recueil de poésie.
J’ai de nombreux projets. Nous verrons ce qui se concrétisera, ainsi que les imprévus — Ces derniers sont souvent bien amusants.
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Photo de couverture : © Mark Fiddian







