Autrefois adepte du graffiti, à présent créateur de mosaïques, Hansel Pixel n’a jamais le souhait de quitter la rue, ce formidable espace public et artistique. A défaut de maisons en pain d’épice, le street artiste repère les meilleurs murs – à Paris et ailleurs. Au moment de notre rencontre, Hansel Pixel trimballe une mosaïque prête à être dévoilée. C’est également un militant antifasciste. Ses mosaïques qui font écho à l’enfance nous soufflent des messages percutants. La rue est à tout le monde…

Entretien avec Hansel Pixel, messager humaniste.

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Avec le pseudonyme Hansel Pixel, les personnages représentés, y’a-t-il une part chez vous de fantaisie ? de plaisir enfantin ?

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C’est vrai. Les livres pour enfants sont une de mes références. Les thèmes abordés m’inspirent beaucoup. Le choix de mon pseudonyme, Hansel, fait également écho aux contes pour enfants. Si vous souhaitez savoir qui est Gretel – c’est mon épouse. Elle a eu l’idée de mon alias. Hansel Pixel rappelle le duo Hansel et Gretel.

Mon épouse est un véritable moteur pour moi.

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En quoi le hip hop et l’antifascisme font partie de votre identité artistique ?

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J’ai été élevé dans une famille avec des valeurs humanistes. Dès l’enfance, je me suis battu contre les idées de l’extrême droite. En 2002, adolescent, je manifestais déjà contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles. Le hip hop prône les valeurs d’unité et de respect. Plus jeune, je faisais des graffiti.

Je veux le rappeler car la société d’aujourd’hui est gangrénée par les aprioris et les idées conservatrices. De par mes mosaïques, je souhaite laisser des messages de paix dans la rue.

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© Hansel Pixel

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Invader a été la principale source d’inspiration. Comment avez-vous trouvé votre propre style-pixel ?

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Même si j’utilise le même medium, je n’ai pas la prétention de faire la même chose que lui. Je suis peu inspiré par la pop culture et les jeux vidéo. Je prends beaucoup de plaisir à dessiner moi-même mes créations.

J’essaye également de faire avancer la pratique avec des apports originaux comme des agamographes ou des mosaïques à gratter. J’aime les défis et les jeux avec les passants. Je n’ai pas d’application mais je fais parfois gagner certaines de mosaïques.

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Le collage est-il devenu une obsession qu’il faut parfois canaliser ?
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Absolument. Dès que j’ai un moment de libre, j’imagine une nouvelle mosaïque ou je tente de trouver le bon spot sur Google maps et sur les lieux mêmes. Cela me prend beaucoup de temps mais c’est un vrai plaisir de concevoir. J’ai plus de 34 pages de notes d’idées de mosaïques à réaliser.

Il m’arrive de me rendre à Paris uniquement pour coller de nouvelles pièces. Je dois juste faire en sorte que cette pratique ne vampirise pas ma vie de famille et professionnelle.

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Comment vient l’inspiration ?

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© Hansel Pixel

Au début, je ne faisais que des images. A présent, j’intègre des phrases dans mes mosaïques. Cela fait écho à mes graffiti et à ma passion pour le hip hop. La chanson de Dosseh « La rue c’est rasoir » m’a inspiré la première Je glisse de temps en temps certaines paroles sur des murs.

J’ai également posé une mosaïque en face de la boutique Gucci des Champs Elysées – les Yeux rouges. Cela vient de la chanson « Tchin 2X » de Gazo, « J’ai les yeux rouges sous le bob Gucci ». Ce fut un vrai défi pour moi car il a fallu intégrer un maximum de paroles dans un minimum d’espace. Je veux une connexion avec les passants. Peut-être que certains curieux iront faire des recherches et aimeront les chansons.

J’aime également poser des mosaïques en lien avec l’actualité. La dernière a été posée le long du canal Saint Martin. 
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Vous avez des couleurs signatures ?

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J’aime beaucoup le noir & blanc tout comme le jaune et l’orange. J’évite par contre le vert parce que c’est une couleur que l’on repère peu dans l’espace public.
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Pourquoi ne coller parfois qu’une pièce par ville ?

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C’est arrivé – notamment à Bois Colombes. C’était un parking souterrain sous une église. J’ai installé une flèche avec le mot « Hell » (enfer). Cela m’a amusé.
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La collaboration avec Avok est-elle un hommage à la faune urbaine ?

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Le pigeon est l’animal sauvage urbain par excellence. J’avais déjà réalisé certaines mosaïques sur le sujet à Lille.

Avok est lui aussi un ancien taggeur. Nous avons échangé d’abord sur Instagram et le courant est bien passé. Nous voulions retrouver l’ambiance de sessions – travailler à plusieurs. En une heure et demie, nous avons posé 3 pièces dans le 8ème arrondissement de Paris.
J’aime quand on m’impose des thèmes.
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Quelle est l’œuvre que vous adorez revoir ?

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C’était les Yeux rouges mais elle n’existe plus. 

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Que souhaitez-vous réaliser à présent ?

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Je suis Hansel Pixel depuis 2 ans et c’est un vrai plaisir. Je vais continuer notamment à Paris – c’est un lieu avec des spots incroyables. Il y en a encore beaucoup qui n’ont pas été « touchés » par le graffiti, les collages ou les mosaïques.
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© Hansel Pixel
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Photo de couverture : © Hansel Pixel

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