Trop souvent mise de côté, la mode masculine reste un véritable art de vivre. Beaucoup d’hommes vous le diront : Ils choisissent l’élégance pour se faire plaisir à eux-mêmes. Chaussures, costumes, cravates, foulards,… tout est valable pour se créer une identité vestimentaire.

Maximilian Mogg, tailleur allemand, est passionné par l’allure et le style. Partout, il propose ses couleurs et son élégance. La mode reste un désir partagé car elle nous ressemble.

Entretien avec Maximilian Mogg, créateur d’apparences.

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Vous puisez votre inspiration dans l’esthétique de la mode des années 1920 et 1970. Pourquoi ces époques présentent-elles un intérêt particulier pour vous ?

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Si l’on s’intéresse à l’art du tailleur, les années 1920 ont été marquées par une certaine formalisation, mais aussi par une véritable révolution de la mode. La coupe des vêtements s’est assouplie. Avec les smokings et les épaules larges, les hommes affichaient une allure très masculine à cette époque.

Quant aux années 1970, la silhouette y était plus fantaisiste. J’aime tout particulièrement les vestes longues. C’était une époque de folie pour la mode. Les hommes portaient les cheveux longs.

Ces deux époques sont une vraie source d’inspiration.

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Existe-t-il une haute couture allemande ?

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J’ai travaillé à Londres et j’ai toujours été fasciné par la mode britannique. Le style de tailleur allemand est très rigide, presque « carré », et dégage une certaine arrogance. Ce n’est pas vraiment mon style.

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© Maximilian Mogg

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Est-il crucial d’avoir un échange constructif avec les clients ?

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Lorsque les clients viennent me voir, ce n’est pas par hasard. La plupart du temps, ils connaissent déjà ma façon de travailler et mes créations ; je propose des styles bien particuliers. Évidemment, la discussion est une étape importante. Je suis à l’écoute de toutes les questions. J’aime aussi savoir où habitent mes clients, ce qu’ils aiment le plus, s’ils voyagent beaucoup… Cela me permet de commencer à imaginer quelque chose. Ensuite, je leur propose différentes pistes.
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Vos boutiques sont situées à Berlin, Cologne, New York et Londres. Cela implique-t-il des ambiances ou des objectifs différents ?
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© Maximilian Mogg

La clientèle varie beaucoup d’un endroit à l’autre.

New York est le plus grand marché du luxe au monde. Il est donc essentiel d’y être présent. Les Américains abordent les services de manière très positive. Lorsqu’ils emménagent dans une nouvelle maison, par exemple, ils souhaitent renouveler leur garde-robe. On vous considère comme l’expert. En Europe, l’approche est davantage axée sur la personnalité. Les clients ont généralement besoin d’un costume ou d’une paire de chaussures ; c’est un processus plus progressif.

Je vais bientôt me rendre à Tokyo pour rencontrer de nouveaux clients. C’est très stimulant de découvrir de nouveaux points de vue et de recevoir de nouvelles commandes.
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Les couleurs doivent-elles refléter un état d’esprit ?
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Oui. J’essaie toujours de penser en termes de tenues. Encore une fois, il faut savoir pour quelles situations vous avez besoin de vêtements. On n’a pas le même mode de vie à Miami qu’à Londres. Par exemple, le jaune vif peut être délicat à porter dans une tenue formelle.

Bien que le noir soit très populaire à Berlin, je trouve cette couleur trop banale pour être portée au quotidien. Parfois, l’élégance exige de prendre des risques.
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Maximilian Mogg est-il prêt pour le réchauffement climatique ?

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Je le pense (rires). Le monde change, et nous aussi. Tout devient plus décontracté. Par temps chaud, le blanc est une excellente option.
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© Maximilian Mogg
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Quelle est votre saison préférée ?
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J’aime particulièrement la mode d’automne et d’hiver. Le noir est la couleur idéale pour ces saisons, mais la flanelle beige ou bleu roi fonctionne très bien aussi.

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Paris est-elle une ville particulière pour vous ?

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J’y ai vécu et étudié. C’est une ville formidable pour la mode. J’y viens pour les Fashion Weeks et d’autres événements. Les Parisiens sont très élégants.
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À quoi ressemblera la haute mode en 2026 ?

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Tout semble devoir être très « instagrammable » et tape-à-l’œil. Les gens des années 2020 aiment le spectaculaire et cherchent à attirer l’attention.

Nous analysons beaucoup ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Il semble que les vêtements classiques fassent leur grand retour ; ils témoignent d’une certaine stabilité et d’une affirmation de soi. Les cravates reviennent sur le marché, notamment auprès des jeunes.
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Quels sont vos projets ?

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La prochaine étape consiste à ouvrir une boutique plus grande à New York en 2027. Nous souhaitons également nous implanter sur le marché asiatique. Cela fait 11 ans que j’exerce ce métier. À titre personnel, je souhaite réduire mes déplacements et confier davantage de responsabilités à mes collaborateurs.
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© Maximilian Mogg

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Photo de couverture : © Maximilian Mogg

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