L’image fait partie de notre quotidien. Dans la rue, à la télévision, avec notre écran d’ordinateur jusqu’à notre propre chambre. Nous sommes comme accompagnés. On se prend en photo, nous sommes « capturés » sans cesse. Même sur certaines peaux, on retrouve des tatouages. Certains racontent même des histoires.

Sara Cross est justement une conteuse à sa façon. Modèle, photographe mais aussi dessinatrice et écrivaine, cette Américaine utilise l’image comme un récit. On y retrouve beaucoup de beauté mais aussi un humour mordant…

Entretien avec Sara Cross, artiste qui joue avec les images.

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À quel moment l’image (dessin, photographie) est-elle devenue une obsession pour vous ?

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Durant mes années d’école primaire, j’étais dans une école Waldorf. On y apprenait l’amour de l’art et de la beauté. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours compris qu’il était important de capturer la vie. Pour moi, le dessin est un passe-temps, un exutoire créatif qui m’aide à me détendre. Au sujet de la photographie c’est parfois un gagne-pain, parfois un vrai outil d’expression personnelle.
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Lorsque vous posez, avez-vous le sentiment d’incarner des personnages ou s’agit-il, au fond, d’une sorte de journal intime ?

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Quand je pose pour des marques, j’incarne souvent des personnages en fonction de leur identité visuelle déjà existante. Lorsque je pose dans une démarche purement artistique, il y a en effet beaucoup plus de « moi ». Cependant, je choisis toujours l’angle où je vais me présenter.

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© Sara Cross
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Vous vous retrouvez souvent face au miroir. Votre corps a-t-il fait l’objet d’un long processus de construction ?
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Pour être franche, je prends des photos devant le miroir parce qu’elles sont les plus populaires sur les réseaux sociaux. Mon corps est un processus de construction permanent – parfois même à l’excès.

 Comme mon corps constitue une part essentielle de mon travail, j’ai parfois l’impression de chercher sans fin à perfectionner un « produit » — mais la perfection est un objectif qui ne cesse de se déplacer, de changer.
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S’exposer ainsi est-ce aussi une manière de s’affirmer, physiquement et mentalement ?

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Si vous faites allusion au fait d’être une « personnalité publique » à petite échelle, je dirais que, dans mon métier, la visibilité est synonyme de revenus. Pour moi, cela ne va pas beaucoup plus loin.
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© Pockowoko Sara
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Vos tatouages ​​sont-ils une seconde peau ? Racontent-ils des histoires à votre sujet ?

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Oui. Ils ​​retracent l’évolution de mes goûts et des formes d’art qui m’intéressent.
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À quel moment ressentez-vous le besoin d’écrire, de raconter votre propre histoire ?
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J’écris principalement des articles, dans une démarche journalistique, au sujet des voitures et de leurs propriétaires.
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© Sara Cross
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Vos dessins (sous le nom de Pockowoko Sara) sont empreints de fantaisie et témoignent d’une grande imagination. L’humour fait-il partie de votre identité ?
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L’humour occupe une place importante dans ma vie personnelle. Le dessin me permet de le partager publiquement – en toute aisance.
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Qu’aimeriez-vous réaliser à présent ?

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J’ai appris à toujours suivre mes centres d’intérêt, là où ils me mènent. Dernièrement, je me suis davantage intéressée à l’apprentissage du tatouage et à la photographie de voitures atypiques.

Je continuerai probablement à faire du mannequinat, mais j’espère m’éloigner de la vente de mon image afin de me concentrer sur la valorisation de mes compétences derrière l’objectif.
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© Sara Cross
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Photo de couverture : © Sara Cross

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