Avec ses poses envoutantes, sa chevelure soleil et ses yeux ravageurs, Olga de Mar crève les écrans. Pour de grandes marques, cette mannequin originaire de Lettonie incarne des figures fortes et indépendantes. Olga de Mar est également une personnalité libre et curieuse du monde qui l’entoure. En plus des sessions photos, cette superbe modèle s’amuse à poster des images d’elle plus simple et donc authentiques (Sur la photo de profil, comme une marque de complicité et d’humour, elle tire la langue à ses followers). Olga de Mar a de l’avenir. Demain est un autre grand rendez-vous qu’elle a déjà pris.

Entretien avec Olga de Mar, artiste de l’énergie.
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Quand avez-vous commencé le mannequinat ? Était-ce une évidence pour vous ?
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J’ai toujours adoré le mannequinat : poser, être devant l’objectif, expérimenter sans cesse de nouvelles approches avec le maquillage ou la coiffure… Cela m’a toujours plu.

À 14 ans, un agent m’a repérée et on m’a proposé de travailler en Allemagne. Mais mes parents voulaient que je poursuive mes études. Obéissante, je les ai écoutés et je ne le regrette pas. Emotionnellement et professionnellement, à cet âge-là, je pense que je n’étais pas prête.

Après avoir terminé mes études et commencé à travailler à l’étranger, j’ai décidé de me lancer enfin dans le mannequinat. Pendant mon temps libre, j’allais voir des agences et je prenais la décision de travailler ou non avec elles. Au fil du temps, j’ai compris que je pouvais vivre de ma carrière de mannequin. Ce n’était plus un passe-temps et encore de nos jours, je continue. J’y prends du plaisir et je réalise que j’ai toujours pris la bonne décision.

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Comment avez-vous choisi votre pseudonyme (De Mar) ?

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Au départ, c’était une version abrégée de mon vrai nom de famille. Pour le mannequinat, c’était plus pratique. J’ai ajouté « De » par ajouter une certaine élégance. Je pensais que cela allait faire Français. Plus tard, j’ai découvert que c’était en fait un nom de famille espagnol. Je plaisante souvent en disant que c’est la seule chose que j’ai gardée de mon ex-mari espagnol (rires).
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© Ana Dias
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Au cours de votre carrière, avez-vous constaté des évolutions et des changements au sein du monde du mannequinat ?
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Je ne peux parler que de ma propre expérience. Je me suis toujours concentrée sur ce qui me plaisait, sans avoir un avis tranché sur le milieu. Il est clair que le mannequinat s’ouvre de plus en plus : les normes fixes sont de moins en moins contraignantes mais l’individualité est plus présente.
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Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le mannequinat ?

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Le mannequinat réunit tout ce que j’aime dans la vie : la créativité, le mouvement, les personnes et l’expression de soi. Chaque projet est différent et c’est pour cela que je ne m’en lasse jamais.
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© Olga Larceva
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Vous avez vécu à New York, Paris et Londres. Vous vivez actuellement à Milan. Vous voyagez partout dans le monde pour des shootings. Pensez-vous que la façon de travailler et de créer est toujours différente ? Y a-t-il une approche européenne particulière ?
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Bien sûr que c’est différent ! Chaque shooting dépend des personnes qui y travaillent. Les cultures varient, tout comme les Américains, les Japonais et les Européens sont différents, et même au sein de l’Europe, les Italiens, les Allemands et les Français ont des énergies complètement différentes. Si vous comparez des shootings photo chinois et européens, vous comprendrez exactement ce que je veux dire : cela coule de source. Même si je constate des similitudes entre les professionnels du monde entier, chaque shooting a sa propre folie douce.
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Avez-vous vu le film lituanien « Toxic » (Akiplesa – 2024) ? Il traite de l’histoire poignante de jeunes filles qui rêvent de devenir mannequins.
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Ce film n’aborde pas du tout du monde du mannequinat. Il parle d’un rêve né du désespoir. Dans un monde si dépourvu d’attention, de stabilité et d’amour, les gens deviennent toxiques simplement parce qu’il faut survivre. Rêver n’est alors pas un luxe, c’est une forme d’évasion.

Ces jeunes filles ne recherchent pas le glamour – elles recherchent du sens. Elles veulent intégrer une réalité où personne ne les a jamais vraiment vues. Le mannequinat devient un symbole, non une profession – un pont fragile entre un présent morne et un avenir imaginé où elles seraient désirées, appréciées et en sécurité.
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Vous êtes originaire de Lettonie. Êtes-vous consciente de l’image que vous projetez aux jeunes filles qui veulent suivre la même voie que vous ?
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© Polina Viljun

Comme toute profession, le mannequinat comporte son lot de défis émotionnels et physiques. Mais en Lettonie, tout est à géométrie variable. Un certain nombre de filles commencent très jeunes. Elles ne se connaissent pas complètement ou ne saisissent pas encore le sens de la vie. Avec en plus la pression du métier, cela peut entraîner des relations plus difficiles.

Le mannequinat n’est pas une question de stabilité ou de confort — c’est plus proche d’un sport, où le caractère, la discipline et la volonté comptent plus que l’apparence.

Ce qui va vous permettre de réussir, de faire du mannequinat votre métier, c’est la persévérance. Je tiens à être la plus transparente possible. Mon conseil aux jeunes filles est simple : essayez, n’ayez pas peur et demandez-vous honnêtement si cette voie est bien la vôtre.

Ne payez jamais. Si une agence vous demande de le faire pour une session photo ou quoique ce soit d’autre, refusez.

L’intérêt sincère que l’on vous porte est gratuit. Tout le reste, comme les photos, peut se faire en collaboration : vous posez pour le photographe, il va ainsi acquérir de l’expérience, et vous, vous obtenez de belles photos. C’est comme ça que cela devrait fonctionner à chaque fois.
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En tant que mannequin international, vous vous considérez comme une porte-parole de la Lettonie ?

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Pas vraiment. Cependant, je suis extrêmement fière d’être lettone et j’aime profondément mon pays.

La Lettonie est un endroit extraordinaire : la nature est magnifique, nous bénéficions d’un excellent système éducatif, d’un très bon système de santé et d’une scène artistique et musicale incroyable. Les Lettons sont également des gens formidables. Pour fonder une famille et mener une vie confortable et épanouissante, c’est un véritable petit paradis.

Mon travail m’amène à beaucoup voyager, et l’Italie est actuellement mon port d’attache actuellement. Par conséquent, je ne peux pas dire que je suis une représentante d’un pays en particulier. Mais où que j’aille, je porte toujours la Lettonie dans mon cœur et j’en parle toujours avec fierté

Je crois que la Lettonie est fière de son peuple, même lorsqu’il vit ou se fait connaître à l’étranger – et je suis heureuse d’en faire partie.
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© Luca di Fazio
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Être devant un objectif : est-ce naturel ou cela reste-t-il un défi ?

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À mes débuts dans le mannequinat, lorsque je me retrouvais face à des photographes, c’était un véritable défi. Je souris encore en repensant à mes poses rigides et à mes yeux légèrement grands ouverts : je ne savais pas quoi faire, et personne ne vous l’explique vraiment. On vous jette à l’eau et on vous dit de vous débrouiller.

A présent, c’est plus naturel pour moi. Je peux tout à fait me réveiller à 3 heures du matin, me dire qu’il y a un shooting, voir quel est le lieu et le concept, je serais prête à proposer une infinité de poses et d’expressions. Mais cette aisance n’est pas de la magie – je l’ai apprise avec l’expérience.

Être devant l’objectif, ce n’est pas seulement poser ; c’est aussi une question d’énergie. Il faut toujours faire en sorte de se reposer, de rencontrer constamment de nouvelles personnes, et de continuer à vivre sa vie normalement entre-temps. Alors oui, aujourd’hui, c’est naturel, mais c’est sans aucun doute une compétence que j’ai acquise au fil du temps – avec quelques anecdotes amusantes à la clé (rires).
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© Polina Viljun
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Sur Instagram, vous avez écrit : « La féminité est une performance, la liberté les coulisses. » Jouez-vous le rôle d’une femme forte ?
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Je pense que l’ensemble de mon travail est une forme de performance. Tout ce qui se passe en-dehors, c’est les coulisses et donc oui la liberté. C’est là où je peux être qui je veux.

Pour moi, être forte, c’est être libre d’être soi-même, d’être vulnérable, d’être la personne que vous voulez vraiment être. Le travail est la scène où vous jouez un rôle. Je crois que la féminité et la masculinité sont aussi des rôles que nous jouons dans la vie. L’humanité, notre véritable nature, c’est la liberté qui se cache en coulisses.
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Que souhaitez-vous actuellement ?

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En ce moment, je recherche une certaine harmonie, une vie à la fois douce et lente, remplie d’amour et de plaisirs simples. Je rêve d’une maison en pleine nature où je pourrais faire du pain, admirer le lever du soleil, boire du thé et passer du temps avec ceux et celles que j’aime.

La paix intérieure, la santé, la réussite professionnelle, le rire et la liberté d’être simplement moi-même : voilà ce que je souhaite.
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© Stefan Imielski
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Photo de couverture : © Ben Tsui

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