Dès le début du cinéma, la figure du vampire a inondé nos écrans. Tantôt de créature féroce, séducteur des ténèbres mais aussi antagoniste au service de l’humour, le buveur de sang a toujours fait fureur. De par ses codes, le vampire nous fait trembler autant qu’il nous fait rire.

« Vade Retro » (2025) est une comédie (toujours en salles) qui mêle horreur, aventure et burlesque. Ovni du cinéma français, le long métrage d’Antonin Peretjatko a toutes ses chances d’avoir une longue d’espérance de vie parmi les classiques du genre.

Estéban joue un curieux Norbert, vampire de bonne famille aristo-réac. En quête d’une femme à l’hémoglobine pure, il fera face à des péripéties bien délirantes.

Entretien avec Estéban, acteur aux dents longues

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Après « La Fille du 14 juillet », vous retrouvez le réalisateur Antonin Peretjatko. Vous ne deviez qu’avoir un petit rôle et finalement vous êtes la vedette de « Vade Retro ». Le film a des parts d’ombre (production mystérieuse, tournage à La Réunion au lieu du Japon…). « Vade Retro » a-t-il été une aventure ?

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Absolument. Le tournage était prévu dans 2 mois et finalement la production me contacte pour me prévenir que c’est en fait dans 2 semaines. Il était prévu que je n’apparaisse que brièvement dans le film puis j’ai joué le rôle principal, Norbert le vampire. Nous devions tourner au Japon – changement de plan ce sera sur l’Île de la Réunion. Nous y sommes restés pendant un mois et demi. Ce fut assez intense car nous nous sommes rendus sur les 4 coins de l’île. Les scènes de jungle ont finalement été tournées au Bois de Boulogne.

La préparation du film s’est étendue sur un an et demi. Donc oui « Vade Retro » a été une aventure dans tous les sens du terme.
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© Paname Distribution

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Vous avez côtoyé sur des plateaux de tournage des acteurs comme Aldo Maccione, Jerry Lewis et surtout Philippe Clair, votre père. Qui vous a inspiré pour le rôle de Norbert ?
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Les trois ont toujours été des références dans ma vie artistique et personnelle. Très souvent, je fais en sorte qu’une situation devienne drôle voire loufoque. Il y a cette énergie dans mon groupe les Naive New Beaters.

Le rôle de Norbert a été inattendu. C’est un vampire grotesque. Je me suis laissé aller mais je dois avouer que pendant la préparation j’ai pu voir en plein milieu de la nuit sur le câble pas mal de films d’épouvantes – notamment les films de Jean Rollin. C’est le maître français du genre vampirique. Ces films des années 70-80 mêlent mystère, érotisme et horreur. « Vade Retro » a ce côté rétro.
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© Guillaume Plas

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La figure du vampire vous a toujours fasciné ?

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Je n’ai jamais été un grand fan du genre. « Vade retro » n’est pas seulement un film sur les vampires. C’est aussi une histoire humoristique et d’aventures – cela rappelle les films populaires français des années 80.

J’ai tourné une autre fiction qui se déroule au Moyen-Âge. C’est toujours un plaisir de s’embarquer dans une autre époque, une ambiance originale. « Vade retro » est une évasion cinématographique.
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Avoir comme mère Arielle Dombasle et comme père Philippe Duquesne c’était un formidable cadeau ?

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Oui. Ce fut fun de jouer avec une multitude d’acteurs comme Philippe Duquesne, Arielle Dombasle, Pascal Légitimus, Sébastien Chassagne, Yolande Gontrand, Eva Rami ou Fred Tousch. Certains viennent du théâtre ou du one-man show.
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Y’avait-il une part d’improvisation sur le tournage ?

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Antonin Peretjatko n’aime pas trop les imprévus (rires) mais j’ai pu glisser quelques phrases par-ci par-là. Je n’ai pas pu m’en empêcher.

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© Brieuc Cudennec

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Au cinéma vous êtes Estéban, pour la musique vous êtes David Boring. Cette multiplicité vous fait du bien ? Est-ce une preuve que vous incarnez sans cesse un personnage ?
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C’est surtout de l’humour. Ce n’est pas toujours apprécié dans le monde de la musique. Le milieu était assez sérieux et il faut sans cesse montrer une certaine crédibilité. L’humour fait partie de mon identité. C’est ainsi.
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Vous souhaiteriez composer pour le cinéma ?

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On nous l’a proposé. J’ai composé le générique d’une série d’animation et des chansons des Naive New Beaters sont dans quelques films. En tout cas, faire de la musique pour le cinéma n’est pas un rêve. Si cela arrive, tant mieux. 
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Alan Silvestri, compositeur de la musique de « Retour vers le futur », d’« Abyss »  ou encore des « Avengers », avait d’ailleurs réalisé la musique du film de votre père « Par où t’es rentré ? on t’a pas vu sortir ».
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Oui et nous avions gardé de bons liens au fil des années. Les enfants d’Alan avaient plus ou moins le même âge que moi. J’avais eu envie de travailler avec lui mais il était complètement occupé pendant 4 ans avec le music-hall de « Retour vers le futur ».
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Y’aura-t-il « Vade retro 2 » ?

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Antonin est un réalisateur qui ne ferme aucune porte. Il travaille actuellement sur un documentaire. Plus qu’une suite, avec sa caméra 16mm, nous pourrions réaliser un spin-off de « Vade retro ». Norbert est un personnage qui peut revenir dans un huis clos. Je suis prêt : j’ai gardé les dents de vampire et la tenue (rires).
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© Brieuc Cudennec

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Photo de couverture : © Brieuc Cudennec

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