Dans toute image, il y a une histoire qui se raconte, une figure qui surgit, un personnage qui se présente. Malgré la diversité des photographes, la couleur ou le noir & blanc, Claire-Sarah Oussalah (ou Rebirthofthebird) incarne un être mystérieux, fort et magnifique. Modèle professionnelle depuis mars 2023, elle joue devant l’objectif, voyage afin de trouver le meilleur lieu, le meilleur ton pour l’image.
Entretien avec Claire-Sarah Oussalah, artiste-oiseau.
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Depuis quand remonte votre lien avec la photographie ?
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Il y a 7 ans, vivant dans un camion aménagé, je postais sur Instagram des photos de voyage et de nature. Ainsi, j’ai établi des liens avec d’autres personnes connectées et qui avaient le même style de vie que moi. J’ai notamment beaucoup aimé le outdoor art, les photos de nu dans la nature.
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Le plaisir d’être modèle est-il venu tout de suite ?
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C’est venu avec le temps. J’ai toujours été introvertie. Adolescente et jeune adulte, j’étais celle qui portait des lunettes et qui baissait la tête dans la rue. La photographie m’a permis de m’ouvrir à un autre monde. Face à l’objectif, ma timidité s’évapore. Je suis quelqu’un d’autre.
Je suis devenue modèle il y a en fait peu de temps. J’étais lassée par ma profession. J’ai commencé en mars 2023 et à plein temps 4 mois plus tard. Mon premier shooting s’est très bien passé. Je n’ai ressenti aucune timidité.
Je suis devenue modèle à l’âge de 26 ans. C’est une chance car plus jeune, je ne pense pas que j’aurais eu les épaules et le caractère pour commencer une telle carrière.
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D’où vient le nom Rebirthofthebird ?
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J’utilise ce pseudonyme car face un objectif, j’incarne un personnage. Je suis une autre personnalité bien plus sûre d’elle. Dès que j’ai ouvert un compte photo, je ne voulais pas mettre mon vrai nom. J’ai même refusé que le photographe utilise seulement mon prénom, Claire. Rebirthofthebird était l’évidence. C’est un personnage qui ne sourit jamais, peut être très hautaine. Je ne suis pas ainsi dans la vie de tous les jours.
De plus, beaucoup de personnes de mon entourage ignoraient que je faisais des photos de nu.
J’ai également choisi le nom de Rebirthofthebird car je vivais à l’époque des moments difficiles. J’étais comme enfermée. Mon ancien compagnon ne me laissait notamment pas la liberté d’être modèle (même habillé). Je me suis séparée de lui. Je suis retournée vivre chez ma mère en région parisienne. Un photographe m’a contactée et j’ai dit oui tout de suite. Je voulais vivre de nouvelles expériences. Depuis, même si j’utilise parfois mon vrai nom, Claire-Sarah Oussalah, je suis Rebirthofthebird, la modèle. Ma carrière est une revanche.
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Votre corps est-il soumis à rude épreuve ? (grain de la peau, minceur, souplesse)
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Je n’ai pas l’impression d’être souple et être exigeante avec mon physique. Cependant, je suis parfois impressionnée par mes poses en photographie. Mon corps peut être souple et élancé. Certains shootings vous poussent à aller loin et vous donnent confiance.
Je fais du sport mais uniquement pour me sentir bien et je suis végan. J’ai la chance d’avoir le même corps que ma mère. Nous sommes minces.
Je voyage pour le travail, ce qui me donne confiance en moi. Ce n’est pas une question de physique.
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Le travail avec les photographes s’associe-t-il à de la confiance ? (Jordan Retard, Julien Sunyé, Carolyn White, Emmanuel Grignon, Thomas Ruppel, Irina Lozoyova)
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Au début, j’échangeais beaucoup sur Internet et au téléphone avec les photographes. J’avais besoin de connaître leurs projets et leurs intentions. De nos jours, je donne plus de confiance. Ce sentiment vous permet d’aller plus loin émotionnellement. J’aime parfois lâcher prise.
Je dois cependant préciser qu’il faut rester vigilante car être modèle photo en tant que femme peut être très dangereux et malgré la confiance que je peux donner, je reste sans cesse sur mes gardes.
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Comment choisissez-vous les photographes ?
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Je travaille aussi bien avec des femmes qu’avec des hommes. Je me base sur le travail et les idées de shootings pas sur le genre du photographe.
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La nudité est-elle une épreuve ou est-ce finalement un moment de bien être ?
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Cela dépend des périodes. Les femmes dans leur grande majorité peuvent être bien dans leur corps et brusquement ne plus vouloir se regarder dans le miroir.
La nudité devant un photographe n’est pas une difficulté. C’est être nue face à vous-même qui peut être un souci. Il faut parfois passer outre.
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Aimez-vous particulièrement le noir & blanc ?
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Oui. Le noir & blanc, en particulier l’argentique, apporte une mélancolie et un aspect ancien. Cela révèle une part de ma personnalité. Je ne suis pas une grande fan des couleurs trop marquées.
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Comment a été réalisée la photo sur le Pont des arts ?
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C’est une belle mise en scène. L’homme, Mikaël, qui apparaît derrière moi est acteur et modèle vivant. Julien Sonye m’a tout de suite convaincue de réaliser ce shooting dans ce lieu mythique de Paris. J’aime la folie. La nudité n’est pas autorisée dans l’espace public et de plus, lorsque je suis arrivée sur le Pont des arts, il était un peu tard : Il y avait déjà un grand nombre de touristes. Nous nous sommes adaptés et le shooting a duré environ 20 minutes. L’expérience fut amusante mais je me cachais surtout lorsque je voyais des enfants.
Les passants ont été bienveillants. Je n’ai eu que des sourires.
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Est-ce qu’il vous arrive d’influencer les scènes ?
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J’ai parfois des idées et j’en parle avec les photographes. J’ai une préférence pour les shootings à l’extérieur notamment dans la nature. J’ai grandi dans une cité HLM dans les Hauts de Seine. Visiter des châteaux et des forêts pour des shootings c’est vraiment un rêve pour moi (rires).
Les simples photos en studio peuvent m’ennuyer.
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Que souhaiteriez-vous explorer à présent ?
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Je veux continuer à faire des rencontres et à voyager. Ma carrière a débuté de façon très rapide. C’est une chance.
J’étais présente cette année aux Rencontres d’Arles. L’ambiance était excellente mais j’ai eu l’envie de refaire des autoportraits. J’aimerais également prendre à mon tour des modèles en photo. J’ai des idées mais je pense que je serais très exigeante et par conséquent pas certaine de montrer mon travail. J’ai l’impression de juste commencer dans le monde de la photographie.
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Photo de couverture : © Carolyn White







