Le ballet, cette danse si mystérieuse, est pourtant un spectacle extraordinaire. Chaque pas, chaque mouvement du corps transmet au spectateur une histoire, une révélation.

Même si vous ne comprenez pas toute la mise en scène, les émotions interprétés sur scène sont bien transmis au public par les danseurs, ces artistes « muets » hors norme.

Koray Garcia est une jeune danseuse de ballet mexicaine. Nous nous sommes entretenus avec elle pour parler de sa passion mais aussi de la grande difficulté d’être danseuse.

 

 

 

Comment devient-on danseuse étoile ?

 

 

Quand j’étais toute petite, je me suis mis à beaucoup aimer le ballet. Ma mère m’emmenait en cours et j’adorais vraiment ça. Alors que mes copines jouaient à la poupée, moi, je préférais aller aux cours de ballet. A l’âge de 9 ans, mon professeur originaire de Cuba, Sergo Saiz, m’a encouragé à apprendre le ballet de façon professionnelle. Après qu’il m’ait raconté comment était la vie d’une danseuse, avec les performances, les tournées,… j’ai tout de même accepté de relever le défi. Le monde du ballet m’a fasciné et je n’ai pas voulu faire autre chose dans la vie.

Je suis née à Zacatecas et il n’y avait pas d’école de danse professionnelle. Je suis alors partie dans le Nord du Mexique, à Monterrey, où existaient des cours adaptés. J’ai eu mon baccalauréat de danse classique à l’école supérieure de musique et de danse de Monterrey (INBAL). J’y ai appris la technique. Après cela, j’ai intégré le Ballet del nuevo siglo. Cette chance m’a été offerte par le metteur en scène Javier Rodriguez et ce fut capital pour la suite de ma carrière de danseuse professionnelle. J’y ai appris beaucoup de choses.

A l’école, vous vous entraînez, interpréter différents rôles, rencontrer plusieurs chorégraphes, relever tant de défis… Il faut travailler énormément pour obtenir de tels diplômes de danse.

 

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Comment vous vous entraînez ?

 

 

Cela commence par un cours de ballet d’une heure et demie. On entraîne le haut et le bas du corps, et nous faisons des exercices de saut. Puis viennent les répétitions du spectacle. C’est souvent entre 10 heures du matin et 14 heures. Ensuite, je vais au gymnase pour renforcer la force et l’endurance de mes muscles. Je fais entre 15 minutes et 30 minutes de cardio avec le vélo elliptique et des séances d’abdominaux. Je travaille également mes jambes, mes chevilles et mon dos. Chaque week-end, j’ai 4 ballets. Deux le samedi et deux le dimanche. Actuellement, je danse pour le Metropolitan Ballet (Bmet). J’ai déjà toute l’année remplie avec le spectacle du « Lac des cygnes ». Tout cela est très fatiguant.

 

 

Comment vous vous préparez pour chaque spectacle ?

 

 

La première chose que je fais lorsque j’arrive à la salle de spectacle, c’est l’échauffement. thumbnail (5) Nous avons un cours de ballet afin de préparer nos muscles. Ensuite, il y a le maquillage et la coiffure du personnage que je dois interpréter. Je mets le costume, les diadèmes et les pointes. Enfin, je fais un exercice de respiration pour me détendre et baisser la tension.

 

 

 

C’est toujours une approche différente ?

 

 

Oui. Cela dépend de ce que je dois danser. Si c’est du classique comme « Le lac des cygnes », « Casse noisette » ou « La belle au bois dormant », la préparation est plus intense. La danse classique demande plus d’exigence car c’est très technique. Avec la danse néoclassique ou contemporaine, c’est différent. Il faut faire construire chaque caractère du personnage afin d’avoir une bonne interprétation. Jouer un cygne qui représente un être fictif et sublime est différent de jouer une femme réelle et donc plus humaine.

 

 

Le ballet est-il perçu différemment au Mexique qu’en Europe ?

 

 

Oui. En Europe, il existe depuis longtemps toute une culture et une tradition du ballet. Ce n’est pas le cas au Mexique. Ici, on pense que le ballet coûte trop cher et n’est réservé qu’à une classe sociale élevée. Certains pensent aussi que c’est ennuyeux à regarder. Mais quand les gens viennent voir un spectacle, ils sont émerveillés de découvrir la beauté du thumbnail (3)ballet. De plus, la plupart des Mexicains ne savent pas qu’être danseur étoile est un métier alors qu’en Europe, c’est un métier d’artiste très respecté. Beaucoup de Mexicains n’ont jamais vu de ballets. Pour cette raison, je travaille dans une compagnie de ballet qui joue dans des salles de spectacles plus populaires où l’on trouve un autre type de spectateur. Ainsi, il y a la possibilité de voir un ballet. Nous faisons beaucoup de promotion pour cela aussi avec les interviews que nous donnons. Nous communiquons également sur les réseaux sociaux.

Peu à peu, nous arrivons à éveiller un certain intérêt même si la majorité des gens préfèrent le football.

 

 

Peut-on encore innover avec le ballet classique ?

 

 

Le ballet classique reste la norme et est toujours aussi apprécié. Au Mexique, c’est même une très belle introduction pour découvrir le ballet. Nous essayons d’innover avec le répertoire en proposant des versions plus courtes et plus légères pour un public plus novice. Nous gardons les parties les plus importantes des classiques mais faisons en sorte que le public les comprennent mieux. On peut innover également en proposant des versions didactiques pour les enfants. Il y a ici un narrateur afin de mieux faire comprendre l’histoire du ballet et la mise en scène. Cela marche bien.

 

 

La vie d’une danseuse étoile est-elle si difficile que le montre les médias ?

 

 

Oui, je pense que c’est encore plus le cas au Mexique où il y a peu de compagnies de ballet (Dans tout le pays, il n’y en a que 5 avec un salaire fixe pour les danseurs). C’est un milieu où il est très difficile d’entrer et d’obtenir un vrai contrat de travathumbnail (8)il. Il y a donc beaucoup de danseurs indépendants qui cherchent d’autres emplois pour pouvoir vivre. Certains spectacles se font bénévolement. Il existe des compagnies indépendantes qui ne bénéficient pas de l’aide de l’Etat et qui donc vivent uniquement avec les billets achetés par le public. C’est une profession très instable avec de bonnes et de mauvaises saisons. Pour cette raison, certains danseurs donnent en plus des cours.

Mais il faut savoir qu’il est très difficile de garder la technique au plus haut niveau. Il est donc nécessaire d’avoir du temps pour garder la forme physique. En tant que danseur, vous gagnez en maturité mais le corps devient peu à peu plus le même. Il y a de plus la compétition. Nous sommes sans cesse jugés par des professeurs, des chorégraphes et des directeurs. Nous sommes comparés à d’autres danseurs et danseuses. Et puis un jour, vous ne pouvez plus exercer la profession car trop âgé. Vous ne pouvez pas danser du classique toute votre vie. Votre corps s’épuise. Il fait toujours mal mais cette fois, vous devez faire de la physiothérapie. Il faut également avoir la mentalité et un caractère bien trempé pour continuer. Pour beaucoup, le ballet c’est leur vie et ils perdent leur identité quand tout s’écroule. Un grand nombre de danseurs ne supportent pas les exigences et finissent par abandonner et doivent finir par chercher autre chose.

Quant à moi, j’aime beaucoup enseigner. C’est également un moyen de continuer à danser.

 

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Aimez-vous danser autre chose que du classique durant votre temps libre ?

 

 

Oui. J’adore danser et c’est drôle sur autre chose. C’est même relaxant. Il est facile d’apprendre à danser le tango, la salsa ou encore la musique populaire mexicaine. Auparavant, j’aimais danser dans les clubs mais avec les douleurs aux pieds, je n’avais plus d’énergie. Alors à présent, je préfère aller dans un bar et boire un verre de vin 🙂 .

 

 

Quel est votre ballet préféré ?

 

« Giselle ». C’est un ballet de l’époque romantique. L’histoire, le style, la musique, tout est magnifique. Les ballets sont souvent le reflet de la société où ils ont été écrits.

J’aime beaucoup également « La Bayadere ».

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Koray Garcia : Bailarina de ballet

 

 

Ballet, esta danza tan misteriosa. Sin embargo, es una vista extraordinaria. Cada paso, cada movimiento del cuerpo transmite al espectador una historia, una revelación.

Porque no incluso no entiendes toda la puesta en escena, puedes entender las emociones interpretadas por los bailarines, estos artistas « tontos » pero fuera de lo común. 

Koray Garcia es una joven bailarina de ballet mexicana. Hablamos con ella sobre su pasión, pero también sobre la gran dificultad de ser bailarina.

 

 

Como te convertiste en bailarina de ballet ?

 

 

Cuando era muy pequeña me gustaba mucho el ballet, mi mamá me llevó a clases y la verdad me encantó!
Recuerdo que mis amigas querían jugar siempre con las muñecas y yo siempre quería estar  en las clases de ballet.
Cuando tenia 9 años mi maestro de origen cubano, Sergio Saiz, me impulsó a estudiar el ballet profesionalmente! El me contó cómo era la vida de un bailarin, las funciones, las giras y desde muy pequeña decidí que yo quería bailar profesionalmente. Todo ese mundo me fascinó y no quería hacer otra carrera distinta al ballet.
Yo nací en Zacatecas y ahí no hay escuelas profesionales de danza. Me fui a otra ciudad del norte de méxico (Monterrey), donde existen carreras profesionales de ballet.
Entré a la Escuela superior de música y danza de Monterrey del INBAL a la Licenciatura en enseñanza de la danza clásica. Ahí aprendí la técnica y a dar clases. Me gradué y comencé a bailar en el Ballet del Nuevo siglo. Esta oportunidad que me dio el director Javier Rodríguez fue crucial porque aquí comenzó mi carrera como bailarina profesional. Aquí crecí y aprendí muchas cosas.
En la escuela aprendes la técnica pero donde te formas realmente como bailarina es en el escenario, interpretando varios roles, trabajando con diferentes coreógrafos, maestros y teniendo cada día un reto distinto. Tuve que trabajar mucho para lograr ejercer la danza a nivel profesional.
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Cómo es tu entrenamiento!?

Mi entrenamiento comienza con una clase de ballet de 1 hora y media donde trabajamos los ejercicios de barra, centro y saltos, después vienen los ensayos del ballet que voy a presentar; por lo regular el horario es de 10 am a 2 pm. También voy al gimnasio a trabajar la fuerza y resistencia de los músculos. Hago unos 15 minutos a 30 mins de ejercicio Cardiovascular con Elíptica y ejercicios para el abdomen, fuerza de piernas, tobillos y espalda.

Cada fin de semana tengo 4 funciones de ballet, dos el sábado y dos el domingo. Actualmente bailo para el Ballet Metropolitano Bmet y ya tenemos un año con temporada fija de Lago de los cisnes y es muy cansado.

Cómo te preparas para cada espectáculo !? 

Lo primero que hago al llegar al teatro es el calentamiento. Hacemos una clase de ballet para que los músculos estén listos y preparados para la función. Después me hago el thumbnail (5)peinado y el maquillaje del personaje que voy a interpretar. Por último me pongo el vestuario, las tiaras y las zapatillas de punta. Hago uno ejercicios de respiración para relajarme y bajar un poco los nervios!

Es siempre un enfoque diferente!?

Si! Depende de lo que me toque bailar! Si tengo que bailar algo clásico como lago de los cisnes, cascanueces, bella durmiente, la preparación es más fuerte desde los ensayos, ya que, bailar clásico es más difícil por la técnica que requiere. Si tenemos un espectáculo neoclásico o contemporáneo la preparación es distinta! Hay que hacer una construcción de cada personaje para que interpretación sea muy buena. Es distinto interpretar a un cisne que es personaje sublime y ficticio a un personaje que es una mujer real y más humano.

El ballet se percibe diferente en México que en Europa ?

Si! En Europa hay toda una cultura y tradición del ballet desde hace muchos años! Aqui en México no. La gente cree que ir el ballet es muy costoso o piensa que solo es para el thumbnail (3)público de un estatus social alto. También se tiene la creencia que es aburrido.

Cuando la gente tiene la oportunidad de asistir a un espectáculo salen maravillados y felices porque les encantó descubrir la belleza del ballet. También la mayoría de las personas no saben que el ballet también es una profesión en méxico, en cambio en Europa es muy apreciado como una profesión artística!

Todavía hay muchas personas en méxico que nunca han ido a una función de ballet! Yo trabajo en una compañía de ballet donde nos presentamos en teatros más populares para que otro tipo de público que nunca ha visto danza, tenga la oportunidad de disfrutar el espectáculo. Y le damos mucha promoción en entrevistas, internet y redes sociales.

Poco a poco se ha ido creando público amante del ballet pero un gran sector prefiere actividades como el fútbol.

Podemos seguir innovando con repertorio clásico!?

Los clásicos se han mantenido vigentes a través del tiempo y a la gente siempre le siguen gustando! Especialmente en méxico aún no conocen todo el repertorio clásico y para el público muchas veces es un gran descubrimiento ver un ballet.

Aquí en méxico innovamos con el repertorio creando versiones más ligeras y más digeribles para que el público que no esté acostumbrado a ver ballet pueda vivir una experiencia placentera. Entonces se hacen adaptaciones de los clásicos, conservando las partes más importantes y contadas de una forma agradable para mayor comprensión del público.

También se ha innovando haciendo versiones didácticas para niños donde un narrador va contando el ballet, explicándoles el significado de la escena, pasos y pantomimas. Ha tenido buen resultado.

La vida de un bailarín es tan difícil como se puede ver en los medios !?

Si, creo que más aquí en méxico porque no hay muchas compañías de ballet donde trabajar (en todo méxico hay 5 compañías de ballet que cuentan con presupuesto y pagan thumbnail (8) un sueldo fijo a sus bailarines ) es difícil entrar y conseguir un buen contrato. Entonces, hay muchos bailarines freelance que buscan otros trabajos para mantenerse mientras no hay paga en los proyectos temporales.

Hay compañías de Ballet independientes que no tienen apoyo del gobierno y que viven de los boletos que compra el público. Esto es muy inestable porque a veces hay buenas temporadas y otras no tan buenas. Debido a esto la mayoría de bailarines independientes y freelance obtienen otros trabajos como maestros de ballet o cualquier otro tipo de empleo para obtener ingresos fijos y así poder vivir sin dejar de bailar.

Por otro lado es difícil mantener a lo largo del tiempo la técnica a su máximo nivel, hay que cuidar la figura y el físico. Muchas veces alcanzas una madurez emocional como bailarín pero el cuerpo ya no es el mismo que cuando es joven.

El ambiente a veces es difícil y competitivo. Siempre somos juzgados por maestros, directores y coreógrafos. Estamos siendo comparados con otros bailarines y además como bailarín tienes una fecha de caducidad. No toda la vida podrás bailar Los clásicos. El cuerpo se acaba y suele ser una carrera más corta que otras. El cuerpo siempre te duele de alguna forma, tienes que buscar constante mantenimiento con fisioterapia porque es tu instrumento y no todos los días amanece en óptimas condiciones. Entonces debes tener una mentalidad y carácter fuerte para poder mantenerte en esta profesión porque para muchos el ballet es su vida y si esto acaba pierdes tu identidad. Muchos bailarines no aguantan las exigencias y terminan abandonado la carrera. Realmente debes amar la danza para hacer una larga carrera. Hay que buscar desarrollarse en otros sectores.

A mi me gusta mucho ser maestra de ballet! Seguro estaré toda la vida en la danza de algún modo.

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Te gusta bailar además de la música clásica en tus tiempos libres !?

Siii! Me gusta mucho bailar de todo! Es divertido bailar otros ritmos. Es relajante. Resulta fácil aprender a bailar cosas como salsa, tango, música popular mexicana, entre otras cosas. Antes me gustaba mucho salir a bailar a algún club pero cuando hay muchas funciones ya no me quedan energías y tengo mucho dolor de pies, entonces, prefiero ir a algún bar a conversar y a tomar una copa de vino 🙂 .

Cual es tu ballet favorito ?

Giselle es mi favorito. Es un ballet de la era romántica. La historia, el estilo y la música es t hermosa. Los ballets suelen ser un reflejo de la sociedad del tiempo en que fueron creados.

También disfruto mucho La Bayadere.

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